Sécurité alimentaire : Le ROPSA-B note des avancées dans la mise en œuvre des politiques publiques de sécurité alimentaire (Rapport 1/2)

Le Réseau des Organisations Paysannes pour une Synergie d’Action au Burkina (ROPSA-B) a rendu public son Rapport alternatif thématique sécurité alimentaire 2024. Ce Rapport de vingt-neuf (29) pages fait ressortir une avancée majeure et des impacts positifs dans la mise en œuvre des politiques publiques en matière de sécurité alimentaire au Burkina Faso. Toutefois, la faitière fait des recommandations en vue d’améliorer les performances.

C’est un rapport de vingt-neuf (29) pages réparties en quatre (4) grandes parties qui fait un état des actions menées par le Réseau au cours de l’année 2024. La première partie de ce rapport présente les aspects théoriques et méthodologiques pris en compte dans son élaboration. La deuxième (2ème) partie fait une analyse des avancées et des défis à la thématique. Dans ce rapport, le Réseau des Organisations Paysannes pour une Synergie d’Action au Burkina (ROPSA-B) traite de cinq (5) actions « prioritaires » issus de deux (2) piliers du Plan d’Action pour la Stabilisation et le Développement (PA-SD). Il s’agit notamment du pilier 2 intitulé « Répondre à la Crise humanitaire » et du pilier 3 « Refonder et améliorer la gouvernance ».

Relativement au pilier 2, le Rapport du ROPSA-B a traité de deux (2) actions. Ce sont le soutien au retour volontaire des personnes déplacées dans leurs zones d’origine. Et sur ce point, le Rapport fait d’entrée noter une « augmentation progressive et significative du nombre de PDI retournées » dans leur localité d’origine entre juin et septembre 2024 notamment. Ce nombre est en effet passé de 774 602 en juin à 1 010 146 PDI retournées au 31 décembre 2024, soit une augmentation de 235 544 personnes pour une moyenne mensuelle de 39 258 de PDI retournées. Le rapport atteste et salue l’existence d’une base de données des PDI, même si elle doit être actualisée pour prendre en compte les dynamiques. Aussi, il relève une effectivité de la participation des bénéficiaires dans le mécanisme de distribution des vivres. « Mieux, un mécanisme existe à travers lequel la gestion des plaintes est confiée à un comité mixte paritaire. Pour faciliter l’accès et l’opérationnalité du mécanisme, des numéros verts et une boite à suggestion ont été mis en place. » Selon le Rapport alternatif du ROPSA-B, les populations ont une appréciation diverse sur les quantités de vivres reçues. Si 91,67% des enquêtés de la région de l’Est se disent satisfaites des quantités reçues, seulement 33,33% des enquêtés de la région de la Boucle du Mouhoun sont satisfaits. Par ailleurs, l’ensemble des personnes enquêtées sont satisfaites de la qualité des vivres reçues, selon le Rapport.

Comme recommandation, le ROPSA-B appelle à « approvisionner davantage en vivres et en non vivres les zones à fort défi sécuritaire ». Il invite également à « augmenter les quantités des vivres distribuées en prenant en compte la taille des ménages ». Autre recommandation faite, c’est l’élaboration d’une cartographie des PDI retournées afin de leur assurer un « meilleur accompagnement. »

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Deuxième action abordée par le ROPSA-B, c’est la prévention et la gestion des catastrophes et des crises humanitaires. Sur ce point, le Rapport indique que la campagne agricole humide 2024-2025 a été jugée satisfaisante par les enquêtées. 82% des enquêtées l’ont qualifiée de « satisfaisante » et 10% « très satisfaisante », selon le Rapport. Il note néanmoins un démarrage tardif des pluies dans certaines localités et des poches de sècheresse. Par ailleurs des inondations ont également été constatées dans plusieurs localités. Il est ressorti que la région de la Boucle du Mouhoun a été la plus touchée avec 6 984,789 ha de terres inondés. Le Rapport fait mentionner que « En termes de volume de production, ce sont 14 146 tonnes de produits agricoles qui ont été perdues, dont 9727 tonnes de céréales (Maïs, Mil, Riz, Sorgho et Mil). Le préjudice financier engendré par ces inondations est estimé à 4 240 526 867 de francs CFA. » Face à cette situation l’Etat et ses services compétents se sont mobilisés pour établir un diagnostic et apporter l’assistance aux producteurs sinistrés dans les différentes régions.

Le Rapport fait par ailleurs noter qu’il serait approprié de renforcer l’accompagnement des ménages touchés par les sinistres afin « d’anticiper la survenue de probables chocs alimentaires ». Aussi, note-t-il, il faut poursuivre non seulement la mise à disposition de denrées alimentaires via les points de vente de la SONAGESS, mais aussi les appuis en vue de la reconstitution du capital productif (kits de production animale et végétale) pour un meilleur relèvement des personnes sinistrées. Pour cela, il recommande la mise en œuvre d’un plan de riposte aux catastrophes et aux effets et conséquences des changements climatiques. Il recommande également la mise en œuvre de la stratégie nationale d’adaptation au changement climatique et au renforcement de la mise en œuvre la stratégie nationale de l’agroécologie pour prévenir la gestion des catastrophes naturelles.

Le Rapport alternatif thématique sécurité alimentaire du ROPSA-B est élaboré dans le cadre du projet FAciliter la redevabilité et la VEILLE citoyenne avec la Société civile (FASOVEIL). Ce projet cité est mis en œuvre par le Laboratoire Citoyennetés et la Fondation Hirondelle en partenaires avec des Organisations de la Société Civile (OSC) telle que le Réseau des Organisations Paysannes pour une Synergie d’Actions au Burkina (ROPSA-B) et les médias partenaires. Il est financé par l’Union Européenne et la Coopération Suisse. Il s’étale sur la période 2022-2026.

Ahmed Traoré

Sentinelle BF