81ᵉ Assemblée générale de l’ONU :ouverture d’un débat général sous tension, entre Trump et un monde fracturé

Le débat général de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies s’est ouvert ce mardi 22 septembre 2026 au siège de l’organisation, à New York, sous le thème « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations unies au service de tous ». La session elle-même avait été officiellement ouverte le 8 septembre, sous la présidence du diplomate bangladais Khalilur Rahman, mais c’est cette semaine de haut niveau, du 22 au 28 septembre, qui rassemble l’essentiel des chefs d’État et de gouvernement, près de 130 dirigeants attendus au cours de la semaine.
Conformément à la tradition instaurée depuis la toute première Assemblée générale, c’est le Brésil qui a ouvert le bal des discours. Le président Luiz Inácio Lula da Silva, qui prenait la parole pour la dixième fois à cette tribune depuis 2003, a dressé un constat sévère de l’état du monde, estimant que l’ONU échoue dans l’une de ses missions les plus importantes, celle de libérer l’humanité du fléau de la guerre, et qualifiant ce moment de particulièrement critique pour l’institution.
Le pays hôte, les États-Unis, s’est exprimé juste après, comme le veut l’usage protocolaire. Le président Donald Trump, qui intervenait pour la deuxième année consécutive dans ce format, a consacré une large partie de son intervention à la justification de la guerre engagée par Washington contre l’Iran, à ses opérations contre les cartels de la drogue dans l’hémisphère occidental, ainsi qu’à ses efforts revendiqués de médiation dans plusieurs conflits internationaux. Le dirigeant américain s’en est également pris au régime cubain, provoquant le départ en cours de séance de la délégation de La Havane après avoir affirmé que le gouvernement communiste de l’île est un État en situation d’échec et qu’il finira par tomber. Comme l’an dernier, où son discours avait déjà marqué les esprits par sa virulence à l’égard des alliés traditionnels de Washington, le président américain a de nouveau adopté un ton offensif envers le multilatéralisme, dans la continuité d’une ligne critique envers l’ONU qu’il juge inefficace pour résoudre les grandes crises mondiales.
Ce débat général intervient dans un contexte international particulièrement tendu, marqué par la poursuite de la guerre en Ukraine, les répercussions du conflit entre Israël et le Hamas, et la persistance de la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran depuis février dernier, qui a notamment contribué à une hausse des prix du pétrole. C’est aussi dans ce climat que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, doit prononcer son dernier discours devant l’Assemblée avant la fin de son second mandat, en décembre. En marge des travaux, plusieurs rencontres bilatérales ont déjà eu lieu, dont celle entre Donald Trump et le président français Emmanuel Macron, arrivé à New York pour trois jours, consacrée notamment à la guerre en Ukraine et aux tensions au Proche-Orient.
Le Burkina Faso participe à cette 81ᵉ session dans le cadre d’une démarche concertée avec ses partenaires de la Confédération des États du Sahel (AES), le Mali et le Niger. À la veille de l’ouverture du débat général, les ministres des Affaires étrangères des trois pays, ainsi que les chefs de leurs missions diplomatiques à Washington et à New York, se sont réunis pour harmoniser leurs éléments de langage et coordonner leurs interventions. La délégation burkinabè, conduite cette année par le ministre des Affaires étrangères, camarade Karamoko Jean Marie Traoré, entend porter elle-même la voix de l’espace confédéral, sans laisser d’autres acteurs s’exprimer en son nom, et poursuivre ce que le chef de la diplomatie burkinabè présente comme un travail de correction des narratifs sur la sous-région. Au-delà de la tribune de l’Assemblée générale, l’agenda de la semaine prévoit pour les ministres de l’AES plusieurs rencontres bilatérales, notamment avec leur homologue russe Sergueï Lavrov ainsi qu’avec les chefs de la diplomatie allemande, suisse et italienne, dans une volonté affichée de diversifier les partenaires et de faire entendre les priorités de souveraineté portées par Ouagadougou, Bamako et Niamey sur la scène internationale.

Au-delà des postures diplomatiques, cette 81ᵉ session illustre les difficultés persistantes du système multilatéral à s’accorder sur des réponses communes aux crises sécuritaires, économiques et climatiques qui traversent le monde, dans un climat de défiance croissante envers les grandes institutions internationales.
Sentinelle BF