L’Université Joseph-KI-ZERBO a été le théâtre de convergence des autorités, journalistes, communicants, chercheurs, étudiants, créateurs de contenus et influenceurs, ce mercredi 7 octobre 2026 pour prendre part à l’ouverture de la 15ᵉ édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO). La cérémonie a été présidée par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, représentant le Président du Faso.
Cette édition se tient sous le thème : « Dans un contexte de guerre communicationnelle, quelles attitudes et aptitudes pour les acteurs de l’information et de la communication en Afrique ? ». Elle invite les professionnels à s’interroger sur leurs responsabilités et leurs compétences face à la désinformation, à la manipulation de l’opinion et aux stratégies d’influence.
Le chef du Gouvernement a d’emblée écarté toute lecture purement académique du sujet. Selon lui, le thème appelle à comprendre les mutations en cours, à mesurer la part de chacun et à agir. « L’Afrique doit désormais apprendre à parler d’elle-même », a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’un peuple qui ne maîtrise pas son récit est un peuple vulnérable. Il a plaidé pour une souveraineté « informationnelle et communicationnelle », qu’il juge désormais indissociable de la souveraineté globale des États, et pour la capacité des peuples africains à produire, vérifier et diffuser leurs propres contenus.

Dans son message, le Président du Faso a reconnu le rôle déterminant des médias, des journalistes et des communicants dans la construction des perceptions. Il leur a demandé responsabilité, discernement et rigueur, dans un contexte marqué par une forte circulation de l’information et par la confrontation des narratifs.
Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, également président exécutif des UACO, a dressé le constat d’un paysage informationnel profondément transformé par l’essor du numérique, des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle. L’information, a-t-il souligné, est devenue une ressource stratégique de gouvernance, capable d’influencer perceptions, comportements et représentations. « Maîtriser l’information devient donc une question de souveraineté », a-t-il affirmé. Après avoir remercié les délégations étrangères et les professionnels présents, il a formé le vœu que les travaux apportent des réponses adaptées à l’évolution des métiers, dans le respect de l’intégrité, de la crédibilité et de la responsabilité.
Parrain de cette édition, Bassolma Bazié, président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel, a livré une intervention très engagée. Comparant l’information et la communication à l’eau et à l’oxygène du corps humain, sans lesquels il n’y a « point de vie », il a assuré que ces moyens sont aujourd’hui utilisés comme des armes contre la Confédération des États du Sahel, à travers une planification qu’il a qualifiée de subtile et de cynique, destinée à dénigrer, désinformer et manipuler. Il a appelé les professionnels à assumer pleinement leurs responsabilités et à développer des attitudes et des aptitudes en phase avec les enjeux actuels et les valeurs africaines.
La communication inaugurale a été confiée au politologue, essayiste et militant panafricaniste camerounais Claude Wilfried Ekanga. Il a mis en avant la force de la pédagogie dans l’action communicationnelle, en privilégiant l’explication et la conviction. Il a aussi insisté sur la nécessité, pour les Africains, de produire et de porter leurs propres récits dans un environnement où les narratifs s’affrontent.
Les réflexions s’articulent autour de deux axes et de 35 communications. Elles ambitionnent d’améliorer les pratiques professionnelles, d’éclairer les politiques publiques et de nourrir des stratégies de communication adaptées aux réalités africaines.
Au terme de la cérémonie, les interventions ont convergé vers une même exigence : une communication responsable, maîtrisée et à la hauteur des défis contemporains. Les travaux se poursuivent jusqu’au 9 octobre.
Sentinelle BF









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