Une à une, les voix répondent « présent » à l’appel de leur nom. Puis la formule institutionnelle est prononcée et la médaille est solennellement épinglée sur la poitrine du récipiendaire. Ce mardi, à Ouagadougou, ce rituel s’est répété 850 fois à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale des enseignants, édition 2026.
La cérémonie était présidée par le ministre de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique, le Pr Moumouni Zoungrana. Il était entouré de ses deux homologues en charge de l’éducation : le Pr Adjima Thiombiano, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et Jacques Sosthène Dingara, ministre de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales.
Placée sous le thème « L’enseignement burkinabè, pilier de la transformation éducative : reconnaître son engagement et valoriser ses efforts dans le contexte de la RPP », la journée a permis de distinguer 850 acteurs du système éducatif dans l’Ordre des Palmes académiques. Ils se répartissent en 8 officiers et 842 chevaliers. Parmi eux, 479 sont issus des rangs du ministère de l’Enseignement de base, dont trois au grade d’officier.
Dans leur discours conjoint, les trois ministres ont salué le mérite des décorés. Ils ont parlé de femmes et d’hommes qui, souvent dans la discrétion, contribuent chaque jour à transformer l’école et à bâtir le Burkina Faso de demain. Ils ont aussi rendu un hommage appuyé aux Forces de défense et de sécurité ainsi qu’aux Volontaires pour la défense de la Patrie. Selon eux, c’est grâce à ces derniers que des écoles ont pu rouvrir dans plusieurs localités malgré les défis sécuritaires.
Le Pr Zoungrana a insisté sur l’unité des départements ministériels. « L’éducation de nos enfants ne saurait être laissée à un ordre d’enseignement », a-t-il affirmé, assurant que les trois ministères avancent « main dans la main » vers une éducation de qualité pour tous les Burkinabè.
Le ministre a également replacé la cérémonie dans la vision des autorités. L’éducation y est présentée comme le pilier de l’action de la Révolution progressiste populaire, sous le leadership du Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, chef de l’État. L’objectif affiché est de faire de l’école un levier stratégique de développement économique et social, en l’affranchissant des vestiges de la colonisation et de la néocolonisation. « La RPP veut une école qui nous ressemble et qui nous rassemble, une école fondée sur nos valeurs endogènes », a-t-il déclaré.
Aux récipiendaires, il a adressé ses félicitations, assorties d’un appel à plus d’ardeur et d’innovation pour atteindre les objectifs fixés dans le secteur.
Du côté des décorés, l’émotion était palpable. Simbaoué Rolande Kamini, professeure des écoles à l’école de Yabirou, dans la circonscription d’éducation de base de Houndé 1, a accueilli sa distinction avec reconnaissance. « C’est une grande reconnaissance et c’est un grand hommage », a-t-elle confié, avant de la dédier à l’ensemble de sa promotion, la promotion IA 1995.
Les chiffres témoignent d’une dynamique en hausse. Le nombre de personnels distingués lors de ces cérémonies est passé de 364 en 2024 à 815 en 2025, avant d’atteindre 850 cette année. Une progression qui traduit, selon les autorités, la volonté de reconnaître plus largement l’engagement de celles et ceux qui forment les générations futures.
Sentinelle BF









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