Énergie pour tous et filière viticole : le Conseil des ministres lance « Faso Wa-Fulu » et crée la SOVIB

Le Conseil des ministres, réuni ce jeudi sous la présidence du Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, Chef de l’État, a adopté deux décrets structurants : l’un consacré à l’accès universel à l’électricité, l’autre à la création d’une société dédiée à la filière viticole nationale. Les décisions, présentées par le ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias Traoré, qui assurait l’intérim du ministre porte-parole du Gouvernement, s’inscrivent dans les orientations de la Révolution progressiste populaire (RPP).


Sur proposition de la Présidence du Faso, le Conseil a approuvé la création de l’Initiative présidentielle Énergie pour tous, baptisée « Faso Wa-Fulu », un nom en langue nationale san. Placée sous la responsabilité du ministère en charge de l’Énergie, cette initiative d’envergure nationale ambitionne de garantir un accès généralisé à l’électricité d’ici à 2030.

Le programme, dont le coût dépasse 2 800 milliards FCFA sur dix ans, repose sur quatre composantes : les Brigades d’électrification, l’Inclusion communautaire, l’Accès énergétique et la Souveraineté énergétique.

Le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a précisé le calendrier de mise en œuvre. L’initiative s’étalera sur dix ans, avec une première période consacrée à l’accélération de la prise en charge des questions énergétiques, puis une seconde phase de cinq ans destinée à consolider les acquis. Selon le ministre, elle vise à accélérer l’accès de tous à l’énergie à l’horizon 2030.

Au titre du ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, le Conseil a également adopté un décret portant création de la Société viticole du Burkina Faso (SOVIB). Il s’agit d’une société d’économie mixte à participation publique majoritaire.

Son capital initial est fixé à un milliard FCFA. Il sera réparti entre l’État, qui détiendra 45 %, BRAFASO, à hauteur de 10 %, et le secteur privé burkinabè, qui apportera les 45 % restants. L’ensemble de la participation publique, État et BRAFASO réunis, atteint ainsi 55 %.

Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, a souligné les retombées attendues de ce projet. D’après lui, la SOVIB permettra la création de centaines d’emplois et la transformation des vignes produites au Burkina Faso.

L’unité industrielle sera implantée à Bobo-Dioulasso et nécessitera un investissement d’environ 9,8 milliards FCFA.
Avec ces deux décrets, le Gouvernement place l’énergie et la transformation locale des productions agricoles au cœur de son action. Le programme « Faso Wa-Fulu » répond à un enjeu d’accès aux services de base, tandis que la SOVIB vise à structurer une filière industrielle autour d’une production nationale, en associant capitaux publics et privés.

Les modalités précises de déploiement de l’initiative énergétique, tout comme le calendrier de mise en service de l’unité de Bobo-Dioulasso, n’ont pas été détaillés à l’issue du Conseil.

Sentinelle BF