Emballages alimentaires : Le Burkina Faso a t-il laissé filer sa chance d’être une référence ?

La problématique de la qualité de l’emballage s’est posée très tôt en Haute-Volta devenu Burkina Faso. Cela n’a malheureusement pas permis au pays des Hommes intègres de pouvoir trouver des solutions crédibles et adéquates à cette situation afin d’accélérer la mise en orbite du secteur agroalimentaire burkinabè. La question de la qualité des emballages reste encore un casse-tête pour les acteurs du secteur agroalimentaire du «Burkina Faso», comme elle l’a été pour les acteurs du secteur agroalimentaire «voltaïque.»

Savana. C’était l’une des unités de transformation, installée dans les Hauts-Bassins, qui a su donner de la fierté au Burkina Faso à un moment donné de son histoire. Créée en 1977, Savana était spécialisée dans la production de purée de tomate et surtout de jus de fruits. L’unité mettait essentiellement sur le marché burkinabè des jus de mangue et de tamarin, très prisés par les populations. Mais après six ans de production, l’unité a mis la clé sous le paillasson en raison de difficultés majeures qui la minaient.

Au regard de l’importance de la société dans le schéma de développement, surtout du grand Ouest, les autorités procèdent à sa restructuration puis à sa réouverture en 1987. L’unité a depuis lors fonctionné clopin clopan jusqu’à sa liquidation en février 2000 sur fond de crise et consécutivement au choix économico-politique du Burkina Faso.

                        Des emballages inadaptés pour des produits prisés

Pour ses différents jus, Savana utilisait des emballages en plastique, des sachets doypack de 20cl à son ouverture. L’utilisation des emballages en plastique laissait présager des difficultés majeures pour la stabilisation de la qualité des jus produits. Les responsables ne tarderont pas à se rendre compte que les sachets utilisés comme emballage étaient clairement inadaptés et entamaient la qualité de tous les produits que l’unité commercialisait. Et c’est cette difficulté, entre autres qui a concouru à la première fermeture de l’unité.  

Des chercheurs burkinabè, après une visite d’une usine spécialisée dans l’analyse de la qualité des emballages décident de faire inspecter la qualité des emballages de jus de tamarin utilisés par Savana, selon le Pr Ibrahima Diawara, ancien directeur général de l’ANVAR et président fondateur de l’ESTP. Et les résultats de l’analyse révéleront que « les jus de tamarin  produits par Savana étaient contaminés par l’emballage. » fait-il savoir.

                                          Le premier atelier sur les emballages

A la demande des acteurs du secteur privé, la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina a organisé un 1991 le tout premier atelier sur la question des emballages. Il s’agissait de faire un diagnostic clair et proposer des solutions crédibles pour permettre au pays de pouvoir avoir des emballages de qualité qui maintient sauve l’intégrité du produit et joue pleinement son rôle de communication et de marketing. Cet atelier, bien qu’ayant suscité de l’intérêt n’aura visiblement pas pu impacter de façon positive l’avenir du secteur agroalimentaire burkinabè et Ouest-africain.

Depuis lors, les ateliers sur la question des emballages se sont multipliés. Ils se sont même suivis à un rythme soutenu et toujours suscité l’intérêt des acteurs qui se sont vite rendu compte que ces « ateliers » n’étaient que des Foires de distributions de perdiems.

Aujourd’hui encore, comme dans les années 1980, la question des emballages se pose avec acuité chez l’ensemble des acteurs du secteur agroalimentaire. Ils sont obligés de faire avec des moyens de bord, des emballages approximatifs qui ne doivent remplir que leur rôle précambrien sans plus : contenir le produit. Pour une question qui se pose depuis le 20ème siècle, une réponse appropriée devrait être trouvée en ce 21ème siècle. Il aurait suffi que la question puisse être prise en compte avec un sérieux particulier pour que le Burkina Faso soit aujourd’hui une référence en matière d’emballage dans l’Afrique de l’Ouest. Non seulement l’Etat burkinabè ne s’est pas particulièrement investi dans l’installation d’unité d’emballage au Burkina Faso, mais il n’a pas su prendre des mesures incitatives pour que les investisseurs privés s’intéressent véritablement à ce secteur. Et beaucoup d’investisseurs, après avoir fait des évaluations ont vite boudé le Burkina Faso pour s’installer ailleurs.

Sentinelle BF

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