En sa séance ordinaire du jeudi 10 septembre 2026 à Bobo-Dioulasso, le Conseil des ministres du Burkina Faso a adopté un décret déclarant d’utilité publique urgente un vaste projet de réalisation d’infrastructures de défense nationale et d’intérêt stratégique dans la zone administrative de Ouaga 2000, à Ouagadougou. Le site concerné, qui regroupe les sections cadastrales 491, 492, 861, 862, 863 et 864, s’étend sur une superficie totale de 343 hectares, 32 ares et 90 centiares. Il est localisé au secteur 55, dans l’arrondissement n°12 de la commune de Ouagadougou, en plein cœur de la zone résidentielle et administrative huppée qui abrite déjà plusieurs institutions du pays.
Le recours à la procédure d’utilité publique urgente permet à l’État de sécuriser juridiquement la maîtrise foncière de cette emprise sans attendre l’issue des délais ordinaires de purge des droits fonciers, généralement plus longs. Ce choix procédural traduit le caractère prioritaire que les autorités accordent à ce projet, dans un contexte national marqué par une volonté affichée de renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité. Le communiqué du Conseil des ministres ne détaille pas la nature précise des infrastructures qui seront édifiées sur ce site, mais leur qualification d’« intérêt stratégique » pourrait laisser penser à un programme d’installations militaires ou paramilitaires d’envergure.
Le même Conseil des ministres a par ailleurs examiné et adopté un rapport relatif à l’acquisition, par l’État burkinabè, de trois immeubles à Ouagadougou, pour un montant total de 10,75 milliards de F CFA. Le premier bien est un vaste complexe d’environ 31 513 m², situé au secteur 51 (arrondissement n°11), dont la superficie exploitable de 6 130,70 m² comprend un bâtiment R+4, deux bâtiments R+2 et dix bâtiments de plain-pied. Le deuxième immeuble, plus modeste, est bâti sur 506 m² au secteur 4 (arrondissement n°1). Le troisième, situé au secteur 19 (arrondissement n°3), occupe une parcelle de 22 158 m², avec une surface exploitable de 5 306,86 m², et comprend un bâtiment R+2 extensible en R+3 ainsi qu’un bâtiment de plain-pied extensible en étage.
Selon les termes du compte rendu officiel, cette acquisition vise à renforcer le patrimoine immobilier de l’État et à améliorer les conditions d’accueil du public et de travail des services bénéficiaires. Elle s’inscrit dans une politique récurrente de l’État burkinabè consistant à se rendre propriétaire de bâtiments jusqu’ici loués ou occupés à d’autres titres, afin de réduire à terme les charges locatives pesant sur le budget public et de disposer de locaux mieux adaptés aux missions de service public.
Pris ensemble, ces deux décisions illustrent une même logique de fond : la mobilisation du foncier et du patrimoine bâti comme leviers d’action publique, que ce soit pour accompagner l’effort de défense nationale à Ouaga 2000 ou pour consolider les moyens de fonctionnement de l’administration burkinabè. Elles s’ajoutent à une série de décisions similaires prises ces dernières années par le gouvernement révolutionnaire en matière de gestion domaniale et immobilière de l’État.
Sentinelle BF









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