Trois ans de l’AES : le Burkina Faso peut afficher ses acquis dans la marche vers la souveraineté

L’Alliance des États du Sahel (AES) a franchi, le 16 septembre 2026, le cap de ses trois années d’existence. Née le 16 septembre 2023 à travers la Charte du Liptako-Gourma, signée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, l’organisation s’est muée, le 6 juillet 2024, en une Confédération à vocation politique, économique et sécuritaire. Trois ans plus tard, à l’heure du bilan, le Burkina Faso peut mettre en avant plusieurs avancées concrètes tirées de cette dynamique confédérale.

Sur le plan sécuritaire, la mutualisation des moyens militaires entre les trois pays membres a permis la mise en place d’une force unifiée et l’organisation de manœuvres conjointes, associant par la suite le Togo et le Tchad. Cette coopération a contribué au renforcement des capacités opérationnelles des Forces de défense et de sécurité burkinabè, contribuant ainsi à la reconquête de plusieurs zones du territoire national auparavant sous forte pression des groupes armés.

Le volet institutionnel a également connu des avancées notables. La Confédération AES s’est dotée d’outils communs, à l’image du passeport biométrique et de la carte d’identité confédérale, déjà en circulation au Burkina Faso, ainsi que d’une télévision confédérale destinée à porter la voix de l’espace sahélien. La création de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID) traduit par ailleurs la volonté des trois États de se doter d’un instrument financier propre pour soutenir leurs projets structurants.

Sur le plan économique et de la gestion des ressources, le Burkina Faso a engagé plusieurs réformes de souveraineté, notamment la création de la Société nationale des substances précieuses (SONASP), chargée d’un meilleur contrôle de l’exploitation minière et de la lutte contre la fraude aurifère. Le pays a, en outre, atteint l’autosuffisance alimentaire en 2025, portée par la mécanisation agricole et l’appui aux producteurs.

Au plan diplomatique, la finalisation du retrait des trois pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, actée en janvier 2025, a été présentée comme une étape confirmant la trajectoire choisie par l’Alliance, tout en maintenant, dans les faits, la libre circulation des personnes et des biens avec les pays de la région. Le Burkina Faso occupe depuis décembre 2025 la présidence en exercice de la Confédération, le camarade Capitaine Ibrahim Traoré ayant succédé au président malien Assimi Goïta à la tête de l’organisation.

Ces trois années n’ont toutefois pas effacé enièrement les défis sécuritaires, économiques et politiques qui continuent de peser sur les pays membres. Mais pour les autorités burkinabè, les résultats enregistrés depuis 2023 confirment la pertinence du choix de l’intégration sahélienne, dont la consolidation reste, selon elles, la priorité des prochaines années.

Sentinelle BF