Producteurs, transformateurs, commerçants et responsables techniques se sont retrouvées ce jeudi 8 octobre 2026 dans la grande salle du Conseil régional de l’Est, pour un panel consacré à la production, à la transformation et à la consommation des produits agroalimentaires locaux. Organisée par le Laboratoire Citoyennetés (LC) en collaboration avec le Réseau des organisations paysannes pour une synergie d’Actions au Burkina (ROPSA-B), la rencontre s’inscrit dans le cadre de la deuxième (2ème) phase de la troisième (3ème) édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC), placée sous le thème « Produisons Burkinabè, consommons Burkinabè : Faisons de chaque achat un acte de souveraineté ». La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Gouverneur de la région du Goulmou, représenté par son secrétaire général, Camarade Siaka Ouattara. Le panel était destiné prioritairement aux acteurs des filières agro-sylvo-pastorales, halieutiques et fauniques.
Après le mot d’ouverture du Secrétaire Général de la région dans lequel il a salué la tenue de cette activité dans sa région, c’est le vice président de la Délégation Spéciale du conseil régional, Noël Yempabou Combary qui a pris les commandes dans le rôle de modérateur du panel pour la suite de l’activité Les travaux ont débuté par une communication introductive sur les JEPPC, présentée par le directeur régional des droits humains de l’Est, Boulema Yonli. Il a rappelé que ces journées, instituées en 2024 à la suite de la Semaine nationale de la citoyenneté, se tiennent deux fois par an et visent à aiguiser la fibre patriotique des Burkinabè, par la sensibilisation comme par des actes concrets. Se satisfaisant de la mobilisation des populations, il a lancé un appel à l’engagement, à la détermination et aux efforts de tous : chacun, à sa position, doit apporter sa part de contribution.

Le directeur régional de l’Agriculture, des ressources animales et halieutiques, Bassirou Mandé a, ensuite, traité de la production en lien avec la souveraineté alimentaire. Il a cité parmi les principaux défis l’aménagement hydro-agricole et la maîtrise de l’eau, la mécanisation d’une agriculture encore largement pratiquée à la daba, la disponibilité du fourrage, la santé animale et l’approvisionnement en intrants. Face à ces contraintes, il a présenté plusieurs initiatives de l’État : Brigades de mécanisation agricole dans les communes, forages à gros débit, mise à disposition d’intrants de qualité, ainsi que des aménagements de diguettes réalisés par les communautés elles-mêmes à travers l’initiative « Tim Tanswane » (« travaillons ensemble »). Sur les périmètres où l’eau est entièrement maîtrisée, a-t-il indiqué, jusqu’à trois campagnes de production par an sont possibles.
Ses recommandations vont dans le sens de la synergie : que les interventions des autorités, des associations et des services techniques s’alignent sur les orientations de l’État, que les producteurs se regroupent en sociétés coopératives, s’entraident pour les aménagements, mettent à disposition à prix accessible les terres qu’ils n’exploitent pas et souscrivent à l’assurance agricole. Sans engagement ni patriotisme, l’autosuffisance alimentaire sera difficile à atteindre, a-t-il souligné.
Prenant la parole sur la transformation et la consommation, le directeur régional de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Boukaré Ouedraogo a dressé le panorama des produits alimentaires locaux commercialisés dans la région : produits céréaliers transformés (farines, couscous, dolo), légumineuses et oléagineux (niébé, arachide, sésame), produits laitiers et carnés, poisson, condiments, produits forestiers non ligneux, miel et dérivés. Parmi les forces, il a relevé l’authenticité de ces produits, le savoir-faire local et le faible recours aux produits chimiques. Les faiblesses tiennent aux emballages et aux marques peu développés, à l’étiquetage souvent non conforme, à l’informalité et à l’accès limité au financement.

Il a identifié comme opportunités la commande publique, la demande urbaine et sous régionale, les foires et les plateformes numériques, et comme menaces la concurrence des produits importés, le coût du transport et celui des intrants. Il a également regretté la dépendance du pays vis-à-vis de l’extérieur pour les emballages et la difficulté à faire certifier les instruments de pesage. Pour conquérir le marché, a-t-il rappelé, les produits doivent répondre à des exigences d’hygiène, de qualité vérifiée par des analyses, d’étiquetage et de traçabilité.
Le président du ROPSA-B, Jules Zongo, a expliqué le choix de Fada N’Gourma par le potentiel important de la région en matière de production, de transformation et de commercialisation. Il a insisté sur les produits forestiers non ligneux, longtemps considérés comme des produits de second rang mais aujourd’hui très prisés dans les restaurants et lors des séminaires. Pour le néré, par exemple, il ne suffit plus de cueillir : il faut aussi planter. Quant à la transformation, la technologie existe et les femmes en maîtrisent le savoir-faire ; si les acteurs s’engagent à consommer ces produits, la production et la transformation suivront, a-t-il estimé.
Satisfait de la forte participation et de la qualité des échanges, il a retenu que la principale recommandation est d’accompagner les acteurs afin de produire à moindre coût, car la cherté des produits locaux tient d’abord au coût de production. Il a enfin rappelé une promesse faite à Fada par le Ministre en charge de l’Agriculture d’appuyer les producteurs avec des forages, que ces derniers espèrent voir se concrétiser rapidement.
Adama Zongo
Sentinelle BF









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