Le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, est arrivé lundi 14 septembre 2026 à Bamako pour une visite officielle, à l’invitation de son homologue malien, le général de division Abdoulaye Maïga, a annoncé la Primature du Mali. Accueilli à sa descente d’avion par le chef du gouvernement malien, Sifi Ghrieb conduisait une importante délégation et se disait porteur d’un message du président algérien Abdelmadjid Tebboune à l’attention du président de la Transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta.
Cette visite constitue la seconde étape d’un mouvement diplomatique amorcé quelques semaines plus tôt : le 24 août 2026, c’est en effet le Premier ministre malien qui s’était rendu à Alger dans le cadre de ce que les deux gouvernements présentent comme une redynamisation de leurs relations bilatérales. Selon la Primature malienne, ce déplacement doit permettre d’amplifier le dialogue direct entre les deux pays, dans le respect des intérêts propres à chaque État.
Le contexte de cette reprise de contact reste marqué par une grave crise diplomatique survenue en 2025. Les relations entre Bamako et Alger s’étaient fortement détériorées après la destruction d’un drone malien à Tinzawatène, dans le nord du Mali, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025. Cet incident avait conduit à une dégradation durable des rapports entre les deux capitales, jusqu’à la décision des autorités maliennes de dénoncer l’Accord d’Alger de 2015, qui encadrait jusque-là le processus de paix et de réconciliation dans le nord du pays. Depuis, les échanges entre les deux gouvernements étaient restés limités, dans un climat de méfiance renforcé par des divergences affichées sur la gestion de la menace jihadiste au Sahel.
La visite de Sifi Ghrieb à Bamako s’inscrit donc dans une tentative explicite de normalisation. D’après les autorités maliennes, les deux pays entendent désormais privilégier le respect mutuel, le bon voisinage, la fraternité et la solidarité dans cette nouvelle phase de leurs relations. Le chef du gouvernement algérien devait, au cours de son séjour, être reçu par le président Assimi Goïta et tenir une séance de travail avec son homologue Abdoulaye Maïga.
Cette démarche de rapprochement intervient également dans un contexte régional en pleine recomposition, marqué par l’affirmation de l’Alliance des États du Sahel (AES) et par la recherche, par ces pays membres, de partenariats diversifiés au-delà de leurs alliances traditionnelles. Pour Alger, qui partage avec le Mali une frontière de plus de 1 300 kilomètres et qui a toujours revendiqué un rôle dans la stabilité du Sahel, le maintien d’un dialogue apaisé avec Bamako demeure un enjeu stratégique de premier plan.
Si aucune annonce concrète n’a filtré à l’issue de cette première journée de visite, la portée symbolique du déplacement (un an et demi après la rupture consommée autour de l’Accord d’Alger) est saluée par plusieurs observateurs comme un signal de détente entre deux voisins dont la coopération reste déterminante pour la sécurité de l’ensemble de la bande sahélo-saharienne.
Sentinelle BF









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