Le top départ des travaux terrain de délimitation et de sécurisation de la Ceinture verte de Ouagadougou a été donné ce jeudi 2 juillet 2026 dans l’Arrondissement 3 de la capitale burkinabè. La cérémonie a été présidée par le Président de la délégation spéciale (PDS) de Ouagadougou Maurice Konaté. Il a invité les populations à adhérer à cette initiative, inscrite dans le PAGO, qui est d’une grande importance pour la commune et qui est en phase avec la dynamique nationale en matière de protection de l’environnement.
C’est l’aboutissement d’un processus enclenché par la Mairie de Ouagadougou et ses partenaires en vue de dorer le blason de la Ceinture verte de Ouagadougou (CVO) et lui permettre de jouer les rôles pour lesquels elle avait été pensée. Selon la Chargée d’appui technique de l’Autorité nationale de coordination du foncier (ANCF), Philadinne Ido/Niessi « la Ceinture verte de Ouagadougou constitue un patrimoine national dont la préservation dépasse les limites administratives de la capitale. Elle participe à la résilience environnementale de l’agglomération, à la régulation climatique, à la conservation de la biodiversité et à l’amélioration durable du cadre de vie des populations. » Cependant, ce rôle de la CVO est séquestré par des maux divers, notamment les occupations anarchiques de l’espace par des acteurs qui y mènent souvent des activités qui font des risques environnementaux sur la ville de Ouagadougou et ses populations. Ainsi, pensée pour être une solution, la CVO était en train d’être un problème majeur de sécurité, en général, pour la ville de Ouagadougou et ses populations. C’est face à cette réalité que le Mairie de Ouagadougou et ses partenaires tels que la Direction générale des Eaux et Forêts (DGEF) et l’Autorité nationale de coordination du foncier (ANCF) ont fait le choix d’unir leur force dans le cadre du Projet d’appui à la Croissance Economique Urbaine et à la Gouvernance métropolitaine du Grand Ouaga (PAGO) afin de reprendre le contrôle sur la CVO en procédant à sa délimitation matérielle et à sa sécurisation sur le plan foncier.
Selon la chargée d’appui de l’ANCF, cette opération « poursuit exclusivement un objectif de clarification, de sécurisation et de protection d’un espace public stratégique. Elle ne vise ni à créer des situations de conflit, ni à remettre en cause des droits légalement établis. Au contraire, elle contribue à prévenir les incompréhensions et à renforcer la sécurité juridique de tous les acteurs. » Elle a poursuivi en indiquant que le processus sera mené dans la transparence car estime-t-elle « la transparence demeure le meilleur gage d’adhésion collective et de réussite de cette opération. »
Pour le Directeur général des Eaux et Forêts, Barnabé Kaboré, la CVO était un « projet visionnaire » qui s’est métamorphosé au fil des ans pour des raisons diverses. Il a salué l’initiative de la délimitation et de sécurisation de la CVO qui va donner un nouvel espoir d’habilitation réelle de la CVO. Cela devrait permettre « de matérialiser de manière claire et définitive les limites de la Ceinture verte, de sécuriser son emprise foncière, de prévenir les occupations illicites et de disposer d’un référentiel fiable pour l’élaboration du futur Plan d’aménagement et de gestion. » Il a rassuré que les agents des Eaux et Forêts travaillons avec rigueur et professionnalisme pour la réussite du processus.
Maurice Konaté, Président de la délégation spéciale (PDS) de Ouagadougou a pour sa part rappelé l’importance de la CVO pour la commune de Ouagadougou et les communes environnantes. Il a fait savoir que l’ambition des autorités de la capitale burkinabè est de « construire une ville résiliente, inclusive, attractive et respectueuse de son environnement. » C’est pourquoi il était entre autre important pour les autorités communales de réhabiliter la ceinture verte de Ouagadougou et lui permettre de jouer ses rôles qui lui avaient été assignés. L’opération de délimitation et de sécurisation de la CVO vise des objectifs clairs, selon le PDS. « Doter la Ceinture Verte de limites précises, géoréférencées et reconnues par l’ensemble des parties prenantes, afin de permettre sa sécurisation foncière et sa protection durable. » Et Maurice Konaté a fait savoir qu’à partir de ce jeudi 2 juillet commence « la phase concrète d’intervention sur le terrain. » Il s’agit d’une « étape décisive vers l’inscription future de la Ceinture verte dans le livret foncier national, gage de sa protection juridique et institutionnelle. » Il a conséquence invité les populations à adhérer au processus, à le soutenir dans l’intérêt de toute la commune et de ses populations. « Cette opération n’a pas vocation à opposer les acteurs. Elle vise à préserver un bien collectif qui appartient à toute la Nation. » a-t-il précisé.
La Ceinture Verte de Ouagadougou procède d’une réflexion et d’une vision néees dans les années 1950. Elle devait contribuer alors à la lutte contre la désertification et à renforcer la protection des ressources naturelles. C’est en 1974 qu’elle a été officiellement lancée dans le cadre du Programme National de Lutte Contre la Désertification (PNLD). Avec le soutien financier de la Coopération allemande, les travaux d’aménagement de la CVO ont pu débuter en 1976 et ont permis de reboiser 1 000 hectares de plantation sur une bande boisée d’environ 21 kilomètres de longueur sur 500 mètres de largeur. L’arrêt des financements allemands dans les années 1980 et l’absence d’un cadre juridique ont contribué à faire le lit de la désagrégation progressive de ce projet.
Voir ici le résumé en image:
Ahmed Traoré
Sentinelle BF









Commentez