Le Conseil des ministres, réuni le jeudi 24 septembre 2026 à Ouagadougou sous la présidence du Capitaine Ibrahim Traoré, a adopté un projet de décret portant création de « Faso Sanya », un nouvel établissement public dédié à la gestion de la maintenance des infrastructures publiques.
Cette décision répond à une préoccupation budgétaire croissante. Selon le compte rendu officiel du Conseil, l’État burkinabè mobilise chaque année des ressources financières considérables pour la construction, l’acquisition et la réhabilitation de ses infrastructures. Or les dépenses consacrées au nettoyage, au gardiennage et à la réhabilitation de ce patrimoine ont plus que doublé en deux ans, passant de 8 782 645 445 F CFA en 2023 à 18 802 531 190 F CFA en 2025.
Au-delà de cet effort financier significatif, le gouvernement relève que des préoccupations persistent quant à la gestion du patrimoine immobilier public, sans toutefois préciser la nature exacte des dysfonctionnements constatés.
C’est pour répondre à cette situation que « Faso Sanya » (dont le nom, en langue mooré, renvoie à l’idée d’assainissement ou de salubrité ) a été institué. Selon le Conseil des ministres, cet établissement vise trois objectifs principaux : professionnaliser la gestion de la maintenance des bâtiments publics, mutualiser les ressources et les compétences aujourd’hui dispersées entre différentes structures, et assurer une prise en charge à la fois préventive et corrective des infrastructures de l’État.
Un second décret, également adopté lors de ce Conseil, porte approbation des statuts particuliers de « Faso Sanya ». Ce texte permet à la nouvelle structure de se doter des textes réglementaires nécessaires à l’accomplissement de ses missions, conformément au décret n°2014-613/PRES/PM/MEF du 24 juillet 2014 portant statut général des établissements publics de l’État à caractère administratif.
La création de cet établissement s’inscrit dans un contexte plus large de rationalisation de la gestion publique au Burkina Faso, les autorités de la Transition ayant multiplié ces derniers mois les réformes institutionnelles visant à mieux encadrer l’utilisation des deniers publics. La logique de mutualisation annoncée pour « Faso Sanya » suggère une volonté de mettre fin à une gestion fragmentée de l’entretien des bâtiments publics, aujourd’hui répartie entre plusieurs ministères et structures, au profit d’un pilotage centralisé et, selon le gouvernement, plus efficace.
Si les modalités précises de fonctionnement de « Faso Sanya » ( gouvernance, ressources humaines, périmètre exact d’intervention ) restent à préciser dans les textes d’application, sa création marque une étape dans la structuration de la politique immobilière de l’État burkinabè. Les autorités espèrent, à terme, freiner la progression des coûts de maintenance tout en améliorant la qualité et la durabilité des infrastructures publiques, qu’il s’agisse des établissements scolaires, des hôpitaux ou des bâtiments administratifs.
Sentinelle BF









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