Le ministre d’État chargé de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Emile Zerbo, a répondu, mardi 11 novembre 2025 à Ouagadougou, à une question orale de la députée Assita Bénédicte Françoise Romaine Bailou portant sur la situation des espaces verts et des réserves administratives et foncières dans les centres urbains du Burkina Faso, selon la Direction de la communication et des relations publiques du ministère (DCRP/MATM).
D’après la même source, un recensement engagé par le ministère depuis 2024 a permis d’identifier 7 076 réserves administratives sur l’ensemble du territoire national, dont 4 894 sont illégalement occupées, soit un taux de 69,16 %. Dans les communes à statut particulier de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, où le phénomène apparaît plus marqué, le recensement a dénombré 600 réserves administratives, dont 365 occupées illégalement, soit un taux de 60,83 %. Concernant les espaces verts, recensés uniquement dans ces deux villes, 1 553 sites ont été identifiés, dont 700 font l’objet d’une occupation illégale, soit 45 %.
Face à ce constat, le ministre a énuméré plusieurs mesures déjà mises en place, notamment l’élaboration par la commune de Ouagadougou d’un Plan stratégique d’aménagement et de gestion des espaces verts (PSAGEV) 2022-2024, ainsi que plusieurs circulaires interministérielles suspendant les changements de destination des réserves administratives ou interdisant formellement la vente de terrains publics.
Toujours selon la DCRP/MATM, le gouvernement a également créé des structures dédiées à cette problématique, dont l’Office national du contrôle des aménagements et des constructions (ONC-AC) et une commission de régulation des dysfonctionnements associant plusieurs ministères.
En perspective, le ministre a annoncé la future mise en place de « brigades vertes » dans les arrondissements des grands centres urbains, ainsi que de comités de veille sur les réserves administratives dans l’ensemble des communes du pays.
Cette problématique s’inscrit dans un contexte d’urbanisation rapide des grandes villes burkinabè, où la pression foncière et la spéculation immobilière exposent régulièrement les espaces publics à des occupations illégales ou à des changements de destination contestés.
Sentinelle BF









Commentez