L’intelligence artificielle s’est imposée comme l’un des grands sujets de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, ouverte le 22 septembre 2026 à New York sous le thème « Restaurer la confiance, gérer le changement ». Aux côtés des crises en Ukraine, à Gaza et entre les États-Unis et l’Iran, la gouvernance de l’IA a cristallisé des divergences profondes entre grandes puissances, alimentées par une série d’incidents technologiques et de mises en garde émanant du secteur lui-même.
Le Secrétaire général sortant, António Guterres, a ouvert le débat en réclamant des garde-fous renforcés et une supervision indépendante inscrite dans un cadre multilatéral. Il a appelé les dirigeants à décider que « les décisions de vie ou de mort ne doivent jamais être abandonnées aux machines », estimant que les robots tueurs n’ont aucune place dans l’avenir. Lundi, en amont du débat général, les dirigeants de plus de vingt pays, dont le Canada, l’Allemagne et l’Australie, avaient déjà plaidé pour la création, sous l’égide de l’ONU, d’un organe international de régulation.
Donald Trump a opposé une fin de non-recevoir à ces appels. Le président américain a rejeté « toute tentative de mettre en place un dispositif globaliste » de contrôle de l’IA et annoncé que l’administration américaine remplacerait désormais, dans ses documents officiels, le terme « intelligence artificielle » par « super intelligence », jugé plus flatteur. Il a comparé les mises en garde des partisans d’une régulation aux alertes sur le changement climatique, sans détailler sa position sur le fond des risques évoqués par les experts.
Emmanuel Macron, dans sa dernière intervention devant l’Assemblée générale avant la fin de son mandat, a défendu une position intermédiaire, refusant à la fois le rejet américain de toute régulation et l’alignement sur l’une des deux superpuissances technologiques. Il a affirmé ne vouloir voir aucun pays devenir le « vassal » des États-Unis ou de la Chine en matière d’IA, plaidant pour une approche souveraine et une gouvernance partagée, dans la continuité des sommets sur l’action pour l’IA organisés à Paris puis en Inde.
Xi Jinping a fait valoir sa vision à travers l’Organisation mondiale de la coopération en matière d’intelligence artificielle, créée à Shanghai en juillet 2026 sous son impulsion, et son plaidoyer répété pour un système de gouvernance mondiale « juste et équitable », associé à une offre de coopération technologique avec les pays du Sud.
Mercredi, le Conseil de sécurité, présidé par la France ce mois-ci, a consacré une séance inédite à l’IA. Sam Altman (OpenAI), Dario Amodei (Anthropic), Clément Delangue (Hugging Face) et le chercheur Yoshua Bengio y ont averti des risques d’accélération incontrôlée du secteur. Amodei s’est notamment engagé à ralentir unilatéralement le rythme de développement de ses modèles.
Le Burkina Faso, dont la délégation est conduite par le ministre des Affaires étrangères Karamoko Jean Marie Traoré, doit s’exprimer le 28 septembre. Ouagadougou entend y défendre un multilatéralisme « plus juste » et « plus équitable », davantage orienté vers les intérêts des peuples, dans la continuité de la position portée les années précédentes par la Confédération des États du Sahel.
Sentinelle BF









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