Irrigation : le Burkina Faso lance une opération commando pour aménager 50 000 hectares d’ici octobre 2027

Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Camarade Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a procédé, dans la soirée du mardi 20 octobre 2026 à Niaogho, dans la région du Nakambé, au lancement de l’opération commando d’aménagement de 50 000 hectares de périmètres irrigués. Effectué sur un site pilote de 1 000 hectares, ce lancement marque une nouvelle étape dans la maîtrise de l’eau au service de la production agricole et de la souveraineté alimentaire, rapporte la Direction de la communication et des relations publiques de la Primature (DCRP/Primature).

L’initiative répond aux difficultés de la campagne humide 2026, marquée par une pluviométrie insuffisante et des poches de sécheresse dans plusieurs régions. Le 27 septembre dernier, le Président du Faso, le Camarade Capitaine Ibrahim Traoré, avait instruit le Gouvernement d’engager des actions urgentes pour renforcer la production en saison sèche et développer de nouvelles superficies irriguées.

L’opération commando constitue un volet majeur du plan de mobilisation de l’eau, qui comprend dix opérations spéciales. Cinq sont conjoncturelles et visent à valoriser les aménagements existants et les ressources en eau disponibles. Cinq sont structurelles et doivent créer de nouvelles superficies irriguées.

Le Chef du Gouvernement a rappelé que le pays dispose actuellement de moins de 30 000 hectares irrigués. L’ajout de 50 000 hectares représente donc un changement d’échelle. « C’est une opération d’envergure historique qui est en train d’être mise en œuvre », a-t-il souligné.

Sur le plan technique, les travaux de terrassement et de planage porteront sur 60 000 hectares, de novembre 2026 à avril 2027. Ils doivent permettre de livrer 50 000 hectares de périmètres irrigués au plus tard le 31 octobre 2027. Le coût global du plan est estimé à 254,79 milliards de francs CFA hors taxes, dont près de 13 milliards pour les seuls travaux de terrassement. Les engins de Faso Mêbo, de la Société nationale de l’aménagement des terres et de l’équipement rural (SONATER), de l’Office national des barrages et des aménagements hydro-agricoles (ONBAH) et du Génie militaire seront mobilisés. Pour tenir les délais, les bulldozers devront travailler jusqu’à vingt heures par jour.

Grâce à la maîtrise de l’eau, les périmètres aménagés devront permettre au moins trois cycles de production par an. Cette perspective doit favoriser une meilleure planification des activités agricoles, l’accroissement des récoltes et une moindre dépendance aux aléas pluviométriques.

Dans l’immédiat, les opérations conjoncturelles prévoient la remise en culture de 10 464 hectares durant la campagne sèche, pour une production additionnelle attendue de 36 624 tonnes. Elles doivent renforcer rapidement la disponibilité des produits agricoles pendant la réalisation des aménagements structurels.

La mise en œuvre de cette ambition repose aussi sur les acteurs du monde rural. Quelque 8 000 Volontaires pour la défense de la patrie agricole prendront part aux travaux, avec en contrepartie un droit prioritaire à l’attribution de parcelles sur les périmètres aménagés. Les artisans burkinabè seront également sollicités pour fabriquer des équipements hydromécaniques jusque-là importés, afin de valoriser le savoir-faire national.

« Tout ce que nous faisons aujourd’hui ne peut réussir sans l’adhésion des populations », a insisté le Premier ministre. Il a invité les autorités coutumières et les conseils villageois à faciliter la libération des emprises nécessaires aux travaux, et exhorté les producteurs et leurs organisations à préparer l’exploitation des périmètres dès leur livraison.

L’enjeu sera désormais de transformer cet effort d’aménagement en récoltes régulières et abondantes, afin que chaque périmètre devienne un espace de production au service de la souveraineté alimentaire.


Sentinelle BF