Coton – Burkina Faso : Les ambitions à l’épreuve de l’insécurité !

Au titre de la campagne agricole 2021-2022, le Burkina Faso vise une production cotonnière de 629.500 tonnes. Pour atteindre cet objectif, les différentes sociétés cotonnières du pays ont signé un accord de prêt avec quinze (15) structures bancaires afin que soit financée cette campagne agricole à défis complexes. Ce prêt qui porte sur un montant de 70 milliards de franc cfa devrait servir entre autres à financer les opérations de collecte, d’achat, de transport et d’égrenage du coton ainsi que son transport jusqu’au niveau des points d’exportation. Selon l’accord signé entre les sociétés cotonnières, représenté par Wilfried Yaméogo, directeur général de la Société des fibres textiles (SOFITEX), et Cécile Tiendrébéogo, directrice générale d’Ecobank et cheffe de file des Banques, le taux d’intérêt du prêt est de 6% et le remboursement se fera sur quinze (15) mois.


La condition financière pour atteindre les objectifs de production de coton pour la campagne 2021-2022, selon les prévisions des sociétés cotonnières burkinabè, est sans doute validée. Cependant, bien d’autres conditions restent à remplir. Et pour cette campagne le Burkina Faso doit prendre en compte sa situation sécuritaire s’il entend dépasser la barre des 600.000 tonnes de coton au terme de cette camapgne. Les ambitions de production se voient en effet pris dans le piège de la dégradation de la situation sécuritaire. A l’Est, la production cotonnière de la Société cotonnière du Gourma (SOCOMA) a connu ces dernières années une importante baisse liée essentiellement à la dégradation de la situation sécuritaire dans la région. Malheureusement, le constat est que la situation s’est davantage grippée et la pression est devenue encore plus importante pour certaines régions productrices du l’or blanc. Les régions du Nord, de la Boucle du Mouhoun, des Cascades et du Sud-ouest sont de plus en plus touchées par le phénomène de l’insécurité. Les terres sont abandonnées et les populations fuient les exactions des Groupes armés terroristes (GAT) qui interdisent la pratique de l’agriculture dans leur zone d’influence. Avec le lot de personnes déplacées internes qui croît, ce sont les superficies à emblaver qui vont se réduire, mais aussi le nombre de producteurs.


Si à cette difficulté majeure, il faut joindre les difficultés traditionnelles qui ont pour noms entre autres la qualité décriée des semences et des intrants, l’exigence du relèvement à 500 franc cfa le prix du kilogramme de coton et aussi l’attirance pour la culture de d’autres spéculations comme le sésame et le maïs. Avec cette insécurité alimentaire qui traverse le pays, la côte du coton pourrait chuter auprès des producteurs. Il y a donc à admettre que le Burkina Faso entamera une campagne agricole 2021-2022 dans une grande incertitude pour son coton. Une embellie de la situation pourrait redonner espoirs ; à défaut le pays n’aura de choix que de mettre sous pression des régions comme le Centre-sud, le Centre-est, le Plateau central et le Centre-ouest afin d’atteindre leur objectif de production.

La rédaction
Sentinelle BF