Secteur minier au Burkina Faso : le gouvernement retire sans indemnisation les titres miniers liés à des affaires de fraude et de blanchiment

Le Conseil des ministres, réuni le jeudi 9 octobre 2025 à Ouagadougou sous la présidence du Capitaine Ibrahim Traoré, a décidé du retrait, sans indemnisation ni dédommagement, des titres miniers détenus par Mahanmoudou Ouedraogo ainsi que par les sociétés Salma International SARL, Salma Mining SA et Mining International Service SARL, selon le compte rendu officiel de la rencontre.

D’après ce document, ces personnes physique et morales font l’objet de poursuites judiciaires devant le Tribunal de grande instance de Ouaga I, pour des faits de vente frauduleuse de parcelles nues dans le cadre d’une opération de promotion immobilière, d’abus de biens sociaux, de soustraction frauduleuse à l’impôt, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux.

Le Conseil des ministres justifie cette décision par les dispositions de la loi n°016-2024/ALT du 18 juillet 2024 portant Code minier du Burkina Faso, qui prévoit que les personnes reconnues coupables ou poursuivies pour fraude ou blanchiment de capitaux ne peuvent détenir de titre minier. Les sites concernés seront désormais exploités par la Société de participation minière du Burkina Faso (SOPAMIB), structure publique chargée de porter la participation de l’État dans le secteur extractif.

Cette mesure s’inscrit dans la continuité de la réforme du Code minier adoptée en 2024, qui avait déjà renforcé les prérogatives de l’État burkinabè sur les ressources minières, dans un contexte marqué par la volonté des autorités de transition d’accroître la part des retombées de l’exploitation minière au bénéfice du budget national. Le secteur aurifère demeure l’un des principaux piliers de l’économie burkinabè et une source majeure de recettes d’exportation.

Le gouvernement burkinabè a, ces dernières années, multiplié les actions de contrôle et de retrait de titres miniers dans le cadre de sa politique de lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment de capitaux, tout en encourageant la création de sociétés à capitaux publics ou mixtes destinées à accroître la souveraineté économique du pays sur ses ressources naturelles

Sentinelle BF