TEXFORCES-BF : une usine textile pour habiller la souveraineté burkinabè

Le président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a procédé ce mercredi 9 septembre 2026 à l’inauguration officielle du complexe industriel Textile des Forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF), à Logofourousso, sur l’axe Bobo-Dioulasso-Orodara. La cérémonie s’est tenue en présence du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement et des Forces de défense et de sécurité.

Créée en Conseil des ministres le 6 mars 2024 sous forme de société d’économie mixte, TEXFORCES-BF est présentée par les autorités comme une infrastructure stratégique unique en Afrique de l’Ouest. L’investissement, chiffré à 17 milliards de francs CFA par le ministère de l’Économie et des Finances, doit permettre de transformer localement le coton burkinabè, jusque-là en grande partie exporté à l’état brut.

Le complexe dispose d’une capacité initiale de transformation supérieure à 12 tonnes de coton-fibre par jour. À terme, la production annuelle pourrait atteindre 20 millions de mètres de tissu, environ 6 millions de tenues, 6 millions de tee-shirts et plus d’un million de paires de chaussettes. L’unité est destinée en priorité à habiller les Forces de défense et de sécurité ainsi que les Volontaires pour la défense de la Patrie, tout en approvisionnant également le marché civil.

Dans son allocution, le Chef de l’État a inscrit ce projet dans une logique de dignité et de souveraineté nationale : « Pour un être humain, se vêtir fait partie de la protection de sa dignité, de la même façon que s’alimenter. Pendant longtemps, même dans la sous-région, nous avons exporté nos matières brutes », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que ce complexe traduit la volonté d’affirmer la souveraineté du pays en matière textile.

Le Général de Brigade Ismaël Kiswendsida Diaouari, Président du Conseil d’administration de TEXFORCES-BF, a de son côté insisté sur l’enjeu de valeur ajoutée : un pays producteur de coton ne peut, selon lui, continuer à voir l’essentiel des emplois, des savoir-faire et des devises liés à cette matière première se créer ailleurs.

Cette inauguration intervient dans un contexte où le pays, confronté depuis plusieurs années à une crise sécuritaire et à des tensions avec certains partenaires traditionnels, met l’accent sur des projets de souveraineté économique et de transformation locale des matières premières. Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays et pôle industriel important, se positionne ainsi comme un maillon d’une filière textile intégrée autour du coton produit localement.

Pour les autorités, TEXFORCES-BF est  une étape dans une stratégie plus large visant à réduire la dépendance aux importations d’équipements textiles et à créer des emplois locaux.

Sentinelle BF