Sanctions de la CEDEAO contre le Mali : Grand désarroi pour des Opérateurs économiques Ouest africains

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Réunis en sommet extraordinaire ce 9 janvier 2022 à accra au Ghana, les Chefs d’Etat des pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont décidé d’imposer un embargo sur le Mali afin de contraindre les autorités de la Transition à engager le processus du retour à l’ordre constitutionnel normal. Avec effet immédiat, les Chefs d’Etat de la CEDEAO ont décidé le rappel de leur Ambassadeur résident au Mali, la suspension des transactions commerciales avec le Mali et la fermeture de leurs frontières terrestre, maritime et aérienne avec ce pays entre autres. Ces décisions ont mis en difficulté les opérateurs économiques ouest-africain qui avaient déjà sur les routes plusieurs camions chargés de marchandises. Ils se trouvent ainsi pris par le piège de cette décision brusque et éclaire de la fermeture des différentes frontières. Et l’inquiétude gagne de plus en plus ces opérateurs économiques qui pourraient assister impuissants au périssement de leur produit.


Déjà au Sénégal, les Opérateurs économiques ne savent pas à quel Saint se vouer. De part et d’autre de la frontière Mali – Sénégal, ce sont des milliers de camions chargés de marchandises diverses qui y sont bloqués. Le risque de voir ces marchandises périrent est grand et cela fonde l’inquiétude des opérateurs économiques. Il faut préciser que le corridor Dakar – Bamako est l’un des plus attractifs et les plus juteux pour les différents opérateurs économiques. Chaque jour, ce sont un millier de camions qui passent les deux frontières pour le bonheur des populations et les économies. Le trafic sur ce corridor rapporte à l’économie sénégalaise en moyenne 470 milliards de franc cfa par an.


Tout comme au Sénégal, en Côte d’Ivoire également les opérateurs économiques sont dans le désarroi. Des centaines de camions chargés de tourteaux, de clinker et de coton sont bloqués dans la localité de Tengrela, selon des informations rapportées par des médias locaux. Les opérateurs économiques se retrouvent dans une légitime inquiétude car les frais supplémentaires ne font que croître et la pression des impératifs du respect du délai de livraison des marchandises est encore plus forte. Et le constat est le même à la frontière Burkina Faso – Mali où des camions sont massés de part et d’autre de la frontière plongeant camionneurs et opérateurs économiques dans le désarroi.


En clair, les Chefs d’Etat des pays membres de la CEDEAO sont allés vite dans la prise des sanctions contre le Mali. Ils ont ignoré les difficultés supplémentaires dans lesquelles ils plongent leur pays et surtout leur population. Des dispositions seront-elles prises pour dédommager les opérateurs économiques ? Ou des négociations seront-elles ouvertes pour mettre en veilleuse ces sanctions afin de permettre aux opérateurs économiques d’achever les dernières livraisons ? Les différents Etats doivent travailler en toute célérité pour dénouer ce nœud pour ne pas favoriser la corruption et la création de couloir noir qui permettra de contourner les sanctions visiblement impopulaires de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).


Ahmed Traoré
Sentinelle BF